La formation

Le renforcement des capacités des maraîchers et maraîchères dans les techniques culturales et la gestion économique des périmètres, est apparu dans toutes les enquêtes de terrain comme une condition du développement de la production maraîchère, activité d’amélioration de l’autosuffisance alimentaire et génératrice de revenus.

En s’appuyant sur l’expérience du Centre de Formation Professionnelle de Nioro-du-Sahel (CFP), qui avait ouvert en 2009 un chantier école sur les techniques de base du maraîchage et développé des ressources de formation notamment en agroécologie, le projet Augmentation de la production maraîchère par le renforcement des capacités des maraîchères et maraîchers est lancé en 2013, avec un financement du Conseil Régional d’Ile-de-France. Celui-ci a consisté à :

→ Construire un dispositif de formation articulant les formations théoriques et pratiques au jardin du CFP avec une mise en application des connaissances acquises et leur transfert à l’ensemble des maraîchères et maraîchers des périmètres concernés.

→ Restructurer le jardin du CFP en espace permanent de démonstration et de mise en œuvre des techniques avancées du maraîchage : le « jardin pilote ».

I – LE DISPOSITIF DE FORMATION

La formation a pour objectif de renforcer les capacités de production des maraîcher-ère-s par une meilleure maîtrise des techniques de maraîchage.

Les bénéficiaires de la formation sont choisi-e-s par les associations de maraîchage, en fonction de leurs capacités à faire évoluer les pratiques actuelles dans les jardins. Le nombre de participants est limité à douze, originaires de villages différents, par souci de rendre les groupes compatibles avec les principes d’une formation pratique et participative, de favoriser des échanges et des enrichissements mutuels.

La formation a lieu au jardin pilote du CFP de Nioro-du-Sahel. Elle est organisée en deux périodes de 5 jours avec une intersession de 6 à 8 semaines pour une mise en application des acquis de la formation. Période pendant laquelle le formateur effectue une visite dans le jardin d’origine de la/du bénéficiaire de la formation, pour évaluer les évolutions des techniques de production et les besoins complémentaires de formation.

Le dispositif de formation a été conçu par le formateur, selon un découpage modulaire, correspondant aux différentes activités. Les fiches pédagogiques ont été réalisées, selon un modèle de présentation adapté d’une méthode canadienne recommandée par le ministère de la Formation Professionnelle du Mali. Des fiches techniques destinées aux stagiaires complètent la documentation.

La démarche d’apprentissage consiste, en partant de l’observation de l’état du jardin pilote, à expliquer ce qui a été réalisé, les choix opérés (techniques, variétés, calendrier, etc.), étayer ces observations par des apports théoriques simples et faire réaliser par les stagiaires les travaux qui correspondent aux objectifs de la formation.

Les frais de formation sont à la charge des bénéficiaires et/ou de leurs partenaires.

Une convention préalable aux sessions, est établie entre le CFP, la commune, l’association de maraîchage, la/le stagiaire afin de préciser les engagements de chacun.

Evaluation du dispositif de formation :

De la mise en place du dispositif en 2015 et ses évolutions jusqu’aux sessions de 2018, les bilans des différents groupes apportent un certain nombre d’enseignements sur :  

A. La démarche pédagogique 

  • Les contenus de la formation sont une réponse adaptée aux besoins des maraîcher-ère-s qui ne maîtrisaient pas les techniques de base, telles que l’aménagement d’un espace cultural, la conduite d’une culture maraîchère, la protection des cultures. ; 
  • La démarche d’apprentissage par l’observation et la pratique des activités au jardin pilote permet l’ancrage des acquis qui peuvent être reproduits au village ;
  • L’impact de la formation sur l’évolution des techniques de maraîchage est à mettre au regard de la diversité des conditions d’exploitation des jardins et des problèmes récurrents à tous les jardins : eau d’arrosage, morcellement des parcelles, lutte contre les nuisibles…

B. L’organisation de la formation 

  • La diversité des origines des participant-e-s a favorisé les échanges de pratiques ;
  • La désignation des inscrits comme « référents » de leur village/association a eu pour impact, là où les conditions le permettaient, de favoriser la transmission des acquis aux autres exploitant-e-s ;
  • L’organisation en 2 périodes avec une intersession de 6 à 8 semaines apparaît comme un bon format ;
  • Les visites sur le terrain se sont avérées d’un grand intérêt pour 1) les formé-e-s dont la mise en pratique de leurs acquis et l’impact sur les autres producteurs ont pu être valorisés par le formateur ; 2) la mise en évidence de l’intérêt de la formation auprès des populations et des autorités communales.

A noter que le démarrage du dispositif a été retardé par les contraintes institutionnelles et  les formalités administratives,  notamment autour des inscriptions et du paiement des frais de participation à la formation.

II – LA RESTRUCTURATION DU JARDIN

Le Centre de Formation Professionnelle de Nioro-du-Sahel dispose depuis 2009 d’un terrain de 2500 m2 aménagé en périmètre maraîcher avec un puits à grand diamètre, dans lequel se sont déroulées des sessions de formation basées sur l’agroécologie (cf. lien avec CFP).

Sa restructuration a permis d’en faire un espace permanent d’expérimentation et de démonstration des techniques avancées du maraîchage, notamment l’arrosage traditionnel et le goutte-à-goutte (G à G) , la plantation de haies vives, la production de compost et les techniques de lutte contre l’évapotranspiration.

Le terrain a été réorganisé en 3 parcelles : une de 450 m2 avec arrosage « G à G » par réservoir central, une de 30 m2 avec arrosage « G à G » par fût individuel et une de 720 m2 avec deux bassins d’arrosage traditionnel.

La production de semences a été faite de façon dispersée sur la parcelle à arrosage traditionnel.

Au début, l’alimentation en eau se faisait à partir du puits, qui a, ensuite, été équipé d’une pompe raccordée au réseau électrique de la ville. Enfin, pour pallier le problème de tarissement du puits, un forage a été réalisé en 2017. Il alimente un réservoir de 5 m3  relié aux lignes de goutteurs pour la parcelle de 450 m2, au fût individuel de la parcelle de 30 m2, et aux deux bassins de la parcelle à arrosage traditionnelle.

L’exploitation du jardin est confiée à un jardinier professionnel confirmé sous contrat.

Il a en charge l’aménagement du jardin, la gestion culturale et financière de l’exploitation et la commercialisation des productions.

Il participe à la conception du dispositif de formation et assure les formations pratiques en lien le formateur responsable de la formation.

L’efficience du jardin pilote

Le jardin pilote présente un grand intérêt dans les formations par son environnement éducatif inspiré du milieu de travail des maraîchers de la zone nord de la région de Kayes. Avec ses équipements et son personnel il est au cœur du dispositif de formation, en permettant la mise en pratique des référentiels de formation et d’évaluation.

De 2015 à 2018, 46 stagiaires originaires des communes de Diema, Diabigué, Diayi Coura, Gavinané ,Gogui, Korera Koré, Nioro, Sandaré, Tougoumbé, et Youri, ont été accueillis au jardin pilote, pour une durée de 10 jours de formation.

 

La suite : Aménager un périmètre maraîcher